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Parrainage et marrainage

Introduction

Ce dépliant, basé sur notre expérience collective, répond aux questions les plus courantes concernant le parrainage et le marrainage. Bien qu’on y trouve l’essentiel de l’information, il ne couvre pas toute la question. On y présente plutòt une explication simplifiée d’un instrument vital pour notre programme de rétablissement.

« Le parrainage et le marrainage se situent au coeur du programme de rétablissement préconisé par N.A. - un dépendant en aidant un autre. » « Le parrainage et le marrainage sont aussi une voie à double sens, celle qui aide les nouveaux comme les plus anciens. »

Ma gratitude s’exprime... quand je me soucie des autres et que je partage à la manière N.A.

Qu’est-ce qu’un parrain, une marraine ?

Un parrain, une marraine est un(e) dépendant(e) en rétablissement qui suit le programme N.A. ; c’est quelqu’un avec qui nous pouvons partager en toute confiance les bonnes et les mauvaises expériences de notre vie ; une personne à qui nous pouvons confier les problèmes trop personnels pour en faire part à un groupe. Un parrain, une marraine devrait être quelqu’un qui a une expérience pratique des Douze Étapes et qui est impliqué dans le programme. Le parrain, la marraine joue surtout un ròle de guide au long des Douze Étapes vers le rétablissement.

Qui a besoin d’un parrain, d’une marraine ?

Nous savons par expérience que la plupart des dépendant(e)s ont besoin d’un parrain, d’une marraine. Il nous arrive à tou(te)s de vivre des situations difficiles, des souffrances morales, de nous sentir confus et d’avoir besoin d’aide. Et comme nous avions rarement confiance en quelqu’un, nous avons essayé d’affronter la vie, seul(e)s. Et cela a fini par être l’un de nos problèmes. Nous sommes des gens qui n’avons jamais appris comment vivre. C’est là que nos parrains, nos marraines entrent en jeu en partageant avec nous leur expérience, leur force et leur espoir. Bref, toute personne qui a le désir de rester abstinente et de prendre le chemin du rétablissement devrait avoir un parrain, une marraine.

Comment choisir un parrain, une marraine ?

Ecouter - c’est la meilleure façon de chercher un parrain, une marraine. Et les réunions de N.A. sont à coup sûr l’endroit où on peut le (la) trouver. Parlez, partagez et écoutez les autres membres du programme, prenez de nombreux numéros de téléphone et SERVEZ-VOUS EN. Lorsque vous aurez trouvé quelqu’un avec qui vous pouvez parler librement, demandez-lui simplement d’être votre parrain, votre marraine. Il ou elle sera sûrement d’accord. Il se peut que la personne ne soit pas en mesure de vous parrainer, de vous marrainer. Dans ce cas, essayez à nouveau ! Souvenez-vous que, si une porte se ferme, une autre s’ouvrira. Continuez à venir aux réunions, écoutez et vous vous trouverez bientòt un parrain, une marraine.

Quel temps d’abstinence devrait avoir un parrain, une marraine ?

La réponse à cette question varie d’une personne à l’autre. Le parrain, la marraine peut avoir cessé de consommer depuis déjà plusieurs années ou n’avoir que quelques mois dans le programme. La période d’abstinence et l’expérience de votre parrain, de votre marraine peuvent dépendre aussi du nombre de parrains et de marraines disponibles dans votre région. Ce qui compte, ce n’est pas tant la durée que la qualité de cette abstinence. Choisissez quelqu’un qui a une bonne compréhension des Douze Étapes de rétablissement de N.A., qui paraît heureux et qui manifeste le désir d’aider d’autres dépendants en rétablissement. Nous les appellons les « gagnants » et on a tout intérêt à rechercher un parrain, une marraine parmi ceux-là.

Un parrain, une marraine devrait-il(elle) être un(e) ami(e) ?

Notre expérience démontre que l’amitié n’est pas une condition nécessaire à une bonne relation de parrainage ou de marrainage, mais la confiance est absolument essentielle. Lorsque nous cherchons un parrain, une marraine, nous tenons compte de l’expérience de la personne, de la qualité de son temps d’abstinence, de sa disponibilité et de son désir de nous aider. Il arrive souvent qu’une amitié fondée sur le respect mutuel se manifeste au fur et à mesure que la confiance s’approfondit.

Devrais-je choisir un parrain ou une marraine ?

Il est fortement recommandé de choisir quelqu’un du même sexe. Nous savons par expérience que les membres du même sexe sont plus à même de comprendre certaines questions comme la sexualité, les difficultés familiales, les problèmes d’identité et de relations, etc. Nous sommes instables sur le plan émotionnel et, de ce fait, il est facile d’établir des liens affectifs avec les membres du sexe opposé. Ceci nous éloigne de notre programme et pourrait avoir un effet désastreux en particulier sur les nouveaux ou les nouvelles.

Devrait-on avoir plus d’un parrain, plus d’une marraine ?

Nous pensons que non ! L’expérience démontre qu’il est plus facile de suivre les conseils d’une seule personne, de faire confiance à une personne plutòt qu’à plusieurs. Avec un seul parrain, une seule marraine, nous apprenons à établir une relation fondée sur la confiance et l’honnêteté. En partageant son expérience, un parrain, une marraine devient capable de réfléchir sur sa croissance personnelle. Au fur et à mesure que nous grandissons dans le programme, nous apprenons à être plus ouverts et honnêtes envers les autres.

Souvenez-vous : « Juste pour aujourd’hui, j’aurai foi en quelqu’un de N.A. qui croit en moi et veut m’aider à me rétablir.»

Comment se servir d’un parrain, d’une marraine ?

La clé de cette relation, c’est la communication. Lorsque nous nous posons des questions à propos d’une partie du programme, nous savons que nous pouvons compter sur notre parrain, sur notre marraine, mais dans ces moments-là, c’est notre responsabilité de le (la) contacter. Que ce soit par téléphone ou de vive voix, c’est à notre parrain, à notre marraine que nous faisons part de nos problèmes. C’est avec lui ou elle que nous essayons quotidiennement de partager nos expériences, bonnes ou mauvaises. Nous pouvons le (la) contacter le jour ou la nuit, chaque fois que nous en éprouvons le besoin. C’est important d’être honnête avec son parrain, sa marraine, d’écouter ses conseils avec un esprit ouvert et de vouloir essayer une approche différente de la nòtre.

Souvenez-vous que NOUS N’AVONS PLUS JAMAIS À ÊTRE SEUL.

Comment devenir parrain, marraine...

Nous savons par expérience que la décision de devenir parrain, marraine est une étape importante de notre rétablissement et qu’elle ne devrait pas être prise à la légère. Nous pensons qu’il faut consulter son propre parrain, sa propre marraine, lorsque c’est possible, avant de donner son accord pour parrainer ou marrainer quelqu’un d’autre. Pour en arriver à cette décision, nous voudrons peut-être explorer nos motivations. Est-ce que nous voulons être parrain ou marraine pour nous valoriser auprès de la Fraternité ou est-ce pour aider un dépendant qui souffre encore ?

Rappelez-vous que c’est seulement en le partageant que nous conservons ce que nous avons. Nous nous posons alors les questions suivantes : Suis-je prêt(e) à devenir parrain ou marraine ? Est-ce que je veux partager mon expérience, ma force et mon espoir ? Suis-je prêt(e) à m’engager ?

Après avoir décidé de devenir parrain ou marraine, que fait-on ? Nous pensons qu’il est important de bien comprendre que notre propre rétablissement passe en premier. Nous croyons que la raison d’être du parrainage et du marrainage est de guider le dépendant dans les Douze Étapes du rétablissement. Il nous paraît de plus en plus évident que le meilleur moyen d’y arriver, c’est de donner l’exemple. Le parrainage ou le marrainage, est un prolongement de notre propre programme de rétablissement. Un des aspects les plus difficiles du parrainage et du marrainage est d’arriver à faire la distinction entre se soucier de quelqu’un, tout faire pour lui et être trop permissif. Nous n’aidons pas le filleul ou la filleule en travaillant son programme à sa place. Si un parrain, une marraine est trop protecteur(trice), cela n’aide pas le (la) dépendant(e). La fermeté dans l’amour est parfois essentielle au développement d’un dépendant. Nous vous suggérons de garder à l’esprit que c’est notre responsabilité de porter le message mais non le dépendant. Nous ne sommes pas des réformateurs, des prédicateurs, des travailleurs sociaux, des conseillers matrimoniaux, des prêteurs, des conseillers en matière d’emploi, ni des agents de probation. C’est important de se souvenir que, nous aussi, nous sommes des dépendants qui souffrons.

Il peut arriver que vous ne soyez plus capable d’entretenir la relation avec la personne que vous parrainez ou marrainez. Vous pouvez alors la diriger vers quelqu’un qui pourrait l’aider. Il ne faut pas se culpabiliser si la personne que l’on parraine ou marraine fait une rechute. Nous sommes tous responsables de notre propre rétablissement. Il y aura des moments où nous n’aurons pas les réponses. C’est à nous de les trouver avec l’aide de ceux que nous parrainons ou marrainons. Nous ne sommes pas DIEU!!!

Source

Ce texte est tiré de ce document PDF expliquant Narcotiques Anonymes.