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Comment ça marche ?

Si vous désirez ce que nous avons à offrir et voulez faire l’effort pour l’obtenir, vous êtes donc prêts à entreprendre certaines étapes. Voici les principes qui ont rendu possible notre rétablissement.

  1. Nous avons admis que nous étions impuissants devant notre dépendance, que nous avions perdu la maîtrise de notre vie.
  2. Nous en sommes venus à croire qu’une Puissance supérieure à nous-mêmes pouvait nous rendre la raison.
  3. Nous avons décidé de confier notre volonté et notre vie aux soins de Dieu tel que nous Le concevions.
  4. Nous avons fait un inventaire moral sans peur et approfondi de nous-mêmes.
  5. Nous avons avoué à Dieu, à nous-mêmes et à un autre être humain la nature exacte de nos torts.
  6. Nous avons pleinement consenti à ce que Dieu élimine tous ces défauts de caractère.
  7. Nous Lui avons humblement demandé de nous enlever nos déficiences.
  8. Nous avons dressé une liste de toutes les personnes que nous avions lésées et avons résolu de leur faire amende honorable.
  9. Nous avons directement fait amende honorable à ces personnes dans tous les cas où c’était possible, sauf lorsque cela pouvait leur nuire ou faire tort à d’autres.
  10. Nous avons poursuivi notre inventaire personnel et avons promptement admis nos torts dès que nous nous en sommes aperçus.
  11. Nous avons cherché par la prière et la méditation à améliorer notre contact conscient avec Dieu, tel que nous Le concevions, Le priant seulement pour connaître Sa volonté à notre égard et pour obtenir la force de l’exécuter.
  12. Ayant connu un réveil spirituel comme résultat de ces étapes, nous avons alors essayé de transmettre ce message aux dépendants et d’appliquer ces principes à tous les domaines de notre vie.

Cela semble considérable et il est certain que nous ne pouvons pas tout accomplir d’un seul coup. Nous ne sommes pas devenus dépendants en un jour ; alors, n’oublions pas agissons, mais allons-y doucement !

Une chose, plus que toute autre, peut compromettre notre rétablissement, c’est une attitude d’indifférence ou d’intolérance envers les principes spirituels. Trois d’entre eux sont indispensables : l’honnêteté, l’ouverture d’esprit et la bonne volonté. Avec ces principes, nous sommes sur la bonne voie. Nous pensons que notre approche de la maladie de la dépendance est tout à fait réaliste, car la valeur thérapeutique de l’aide apportée par un dépendant à un autre est sans égale. Nous croyons à l’efficacité de notre méthode parce qu’un dépendant est la personne la mieux placée pour en comprendre et en aider un autre. Selon nous, plus vite nous ferons face à nos problèmes quotidiens au sein de la société, plus vite nous en deviendrons des membres acceptables, responsables et productifs.

La seule façon de ne pas retourner à la dépendance active est d’éviter de reprendre de la drogue une première fois. Si vous êtes comme nous, vous savez bien qu’une fois c’est trop et mille fois jamais suffisant. Nous insistons beaucoup sur ce point car nous savons que lorsque nous consommons de la drogue sous n’importe quelle forme ou que nous en substituons une à une autre, nous redonnons libre cours à notre dépendance.

Considérer l’alcool comme différent des autres drogues a conduit un grand nombre de dépendants à la rechute. Avant d’arriver à N.A., beaucoup d’entre nous mettaient l’alcool dans une catégorie à part. Nous ne pouvons pas nous permettre d’illusions à ce sujet. L’alcool est une drogue. Nous sommes atteints de la maladie de la dépendance et, pour nous rétablir, nous devons nous abstenir de toute drogue.

Voici quelques questions que nous nous sommes posées : « Sommes-nous certains que nous voulons arrêter de consommer? Comprenons-nous bien que nous n’avons aucun contròle véritable sur la drogue ? Sommes-nous conscients du fait qu’au bout du compte, ce n’est pas nous qui consommions la drogue mais bien elle qui nous consommait ? Est-il déjà arrivé que les prisons ou les hòpitaux prennent le contròle de notre vie ? Acceptons-nous pleinement que chacune de nos tentatives de devenir abstinents ou de contròler notre consommation a échoué ? Savons-nous que notre dépendance a fait de nous quelqu’un que nous ne voulions pas être, c’est-à-dire une personne malhonnête, fourbe, obstinée, en contradiction avec elle-même et en désaccord avec ses semblables ? Croyons-nous vraiment qu’en tant que consommateurs de drogues nous avons perdu la partie ? »

Lorsque nous consommions, la réalité était devenue si douloureuse que nous préférions trouver refuge dans l’oubli. Nous avons essayé de dissimuler notre souffrance à notre entourage. Nous nous sommes isolés et nous nous sommes emmurés dans la solitude. À travers ce désespoir, nous avons cherché de l’aide dans Narcotiques Anonymes. Quand nous arrivons à N.A., nous sommes physiquement, mentalement et spirituellement ruinés. Nous souffrons depuis si longtemps que nous sommes prêts à tout faire pour rester abstinents.

Le seul espoir qui nous reste est de suivre l’exemple de ceux qui ont vécu le même problème que nous et ont trouvé un moyen de s’en sortir. Peu importe qui nous sommes, d’où nous venons et ce qu’a été notre passé, nous sommes acceptés dans N.A. Notre dépendance est le dénominateur commun qui nous permet de nous comprendre les uns les autres.

Après avoir assisté à quelques réunions, nous commençons à avoir le sentiment d’appartenir à quelque chose. C’est au cours de ces réunions que nous découvrons les Douze Étapes de Narcotiques Anonymes. Nous apprenons à travailler les étapes dans l’ordre où elles ont été écrites et à nous en servir quotidiennement. Les étapes sont notre solution. Elles sont notre « trousse de survie ». Elles sont notre défense contre la dépendance qui est une maladie mortelle. Nos étapes sont les principes qui rendent notre rétablissement possible.

PREMIÈRE ÉTAPE

« Nous avons admis que nous étions impuissants devant notre dépendance, que nous avions perdu la maîtrise de notre vie. »”

Peu importe la nature des drogues que nous consommions ou leur quantité, dans Narcotiques Anonymes, rester abstinent doit passer en premier. Nous nous rendons compte qu’il nous est impossible de vivre en continuant à consommer. Lorsque nous admettons notre impuissance et notre incapacité à maîtriser notre vie, nous nous ouvrons alors au rétablissement. Personne auparavant n’avait réussi à nous convaincre que nous étions dépendants. Nous devons l’admettre nous-mêmes. Si nous avons des doutes, nous n’avons qu’à nous poser la question suivante : « Suis-je capable de contròler ma consommation de substances modifiant le comportement, quelles qu’elles soient ? »

La plupart des dépendants se rendront compte, dès qu’ils y penseront, qu’ils n’exercent aucun contròle sur leur consommation. Nous découvrons en effet que nous sommes incapables de contròler notre consommation, ne serait-ce que pour quelque temps.

Cela semble clairement indiquer que le dépendant n’exerce aucun contròle sur sa consommation de drogues. L’impuissance signifie consommer malgré soi. Si nous ne pouvons arrêter de consommer, comment pouvons-nous prétendre être maîtres de la situation ? Cette incapacité d’arrêter de consommer, même avec la meilleure volonté du monde et la plus grande sincérité possible, est ce à quoi nous faisons allusion lorsque nous disons: « Nous n’avons absolument aucun choix. » Toutefois, après avoir cessé d’essayer de justifier notre consommation, nous avons alors un choix.

Nous n’étions pas débordants d’amour, d’honnêteté, d’ouverture d’esprit ou de bonne volonté lorsque nous avons connu la Fraternité N.A. Nous étions rendus au point où la souffrance physique, mentale et spirituelle nous empêchait de continuer à consommer. Ce n’est qu’une fois vaincus que nous sommes devenus consentants.

Notre incapacité à restreindre notre consommation est un symptòme de la maladie de la dépendance. Nous ne sommes pas seulement impuissants face à la drogue mais également face à notre dépendance. Nous devons reconnaître cela avant de pouvoir nous rétablir. La dépendance est une maladie à la fois physique, mentale et spirituelle qui touche tous les domaines de notre vie.

L’aspect physique de cette maladie se manifeste par l’usage compulsif des drogues, c’est à dire l’incapacité d’arrêter après avoir commencé. L’aspect mental de notre maladie est l’obsession ou le désir irrésistible de consommer, même lorsque nous sommes en train de détruire notre vie. Quant à l’aspect spirituel, c’est notre égocentrisme total. Nous avons toujours cru pouvoir arrêter de consommer quand bon nous semblerait, en dépit de l’évidence du contraire. Le déni, la substitution, la rationalisation, la justification, la méfiance, la culpabilité, la honte, la dégradation, la déchéance, l’isolement et la perte de contròle sont tous des effets de notre dépendance. Notre maladie est progressive, incurable et mortelle. La plupart d’entre nous, cependant, sont soulagés d’apprendre qu’ils souffrent d’une maladie et non d’une déficience morale.

Nous ne sommes pas responsables de notre maladie, mais nous sommes responsables de notre rétablissement. La plupart d’entre nous ont tenté d’arrêter de consommer par eux-mêmes, mais ont découvert qu’ils ne pouvaient pas vivre avec ou sans drogues. Finalement, nous nous sommes rendu compte que nous étions impuissants devant notre dépendance.

Un grand nombre d’entre nous ont, par leur seule volonté, essayé d’arrêter mais cela ne s’est avéré qu’une solution temporaire. Nous nous sommes rendu compte qu’avec notre seule volonté cela ne pouvait durer. Puis nous avons essayé d’autres solutions comme la psychiatrie, l’hospitalisation, les centres de traitement, les liaisons amoureuses, d’autres villes, de nouveaux emplois. Tous ces essais se sont soldés par un échec. C’est alors que nous avons commencé à réaliser que nous avions rationalisé les pires absurdités afin de justifier le gâchis que nous avions fait de notre vie avec les drogues.

Tant que nous n’avons pas abandonné nos réserves, quelles qu’elles soient, la base même de notre rétablissement est menacée. Toute réserve nous empêche de profiter pleinement des bienfaits du programme. En nous débarrassant de toute réserve, nous capitulons. C’est à ce moment-là seulement que nous pouvons recevoir l’aide nécessaire pour nous rétablir de la maladie de la dépendance.

Ceci nous amène à nous poser la question suivante : « Si nous sommes impuissants, comment Narcotiques Anonymes peut-il nous aider ?  » Nous commençons par demander de l’aide. Admettre que nous n’avons aucun pouvoir face à notre dépendance est le principe fondamental de notre programme. Dès que nous parvenons à accepter ce principe de base, nous avons accompli la première partie de la Première Étape.

Mais pour que la base de notre rétablissement soit solide, nous devons admettre une deuxième chose. Si nous nous arrêtons ici, nous n’aurons en effet découvert qu’une partie de la vérité et nous sommes passés maîtres dans l’art de manipuler la vérité. Nous disons d’une part : « C’est vrai, je suis impuissant devant ma dépendance. » et d’autre part : « Dès que ça ira mieux, j’arriverai à contròler ma consommation. » Une telle façon de penser et d’agir nous a ramenés à la dépendance active. Il ne nous est jamais venu à l’esprit de demander : « Si nous ne pouvons contròler notre dépendance, comment pouvons-nous contròler notre vie ? » Sans drogues, nous étions malheureux et notre vie était incontròlable.

L’incapacité de travailler, la déchéance et la destruction sont généralement considérées comme les caractéristiques d’une vie incontròlable. Nos familles sont déçues, déroutées et troublées par nos actes et souvent elles nous désavouent ou nous abandonnent. Cependant, le fait d’avoir un travail, d’être accepté par la société et réconcilié avec notre famille ne nous rend pas la maîtrise de notre vie. Le fait d’être acceptable aux yeux de la société n’est pas synonyme de rétablissement.

Nous avons donc découvert que nous n’avions plus le choix : nous devions changer complètement notre façon de penser ou consommer à nouveau. Si nous faisons de notre mieux, cela marche pour nous comme cela a marché pour les autres. Lorsque nos vieux comportements nous sont devenus insupportables, nous avons commencé à changer. À partir de ce moment-là, nous avons commencé à nous rendre compte que chaque jour sans consommer est un jour qui est réussi. Capituler signifie ne plus avoir à se battre. Nous acceptons notre dépendance et la vie telle qu’elle est. Nous devenons consentants à faire tout ce qui est nécessaire pour rester abstinents, même les choses que nous n’aimons pas faire.

Avant de faire la Première Étape, nous étions remplis de peur et de doute. Beaucoup d’entre nous se sentaient alors perdus, désorientés. Nous nous sentions différents. En travaillant cette Étape, nous avons manifesté notre soumission aux principes de N.A. C’est seulement après la capitulation que nous commençons à surmonter les effets aliénants de notre maladie. Le dépendant ne peut être secouru, en effet, que lorsqu’il admet être complètement vaincu. Cela peut faire peur mais ce sont les fondations sur lesquelles nous avons construit notre vie. La Première Étape signifie que nous ne sommes pas obligés de consommer, et c’est une grande liberté. Certains parmi nous ont mis du temps à constater qu’ils avaient perdu la maîtrise de leur vie ; pour d’autres, c’était la seule chose dont ils étaient sûrs. Au fond de nous- mêmes, nous savions que la drogue avait le pouvoir de nous transformer en ce que nous ne voulions pas être.

En étant abstinents et en travaillant la Première Étape, nous sommes libérés de nos chaînes. Toutefois, aucune des étapes ne fonctionne par magie. Il ne nous suffit pas de dire les mots de cette étape, nous devons apprendre à les vivre. Nous voyons par nous-mêmes que le programme a quelque chose à nous offrir.

Nous avons retrouvé l’espoir. Nous pouvons apprendre à fonctionner dans le monde où nous vivons. Nous pouvons découvrir un but et un sens à la vie, et être sauvés de la folie, de la dépravation et de la mort.

Quand nous admettons notre impuissance et notre incapacité à maîtriser notre vie, nous permettons à une Puissance supérieure d’entrer dans notre vie et de nous aider. Ce qui compte, ce n’est pas où nous étions mais où nous allons.

DEUXIÈME ÉTAPE

« Nous en sommes venus à croire qu’une Puissance supérieure à nous-mêmes pouvait nous rendre la raison. »

La Deuxième Étape est nécessaire si nous espérons parvenir à un rétablissement durable. La Première Étape nous laisse avec un besoin de croire en quelque chose qui puisse nous aider face à nos sentiments d’impuissance, d’inutilité et de désarroi.

La Première Étape a créé un vide dans notre vie. Nous avons besoin de trouver quelque chose pour combler ce vide et c’est l’objet de la Deuxième Étape.

Au début, certains d’entre nous n’ont pas pris cette étape au sérieux ; ils ont sauté par-dessus sans trop s’en préoccuper pour s’apercevoir que les étapes suivantes ne marcheraient pas tant qu’ils n’auraient pas travaillé la Deuxième Étape. Même quand nous admettions que nous avions besoin d’aide pour résoudre notre problème de drogue, beaucoup d’entre nous n’étaient pas prêts à admettre que ce dont ils avaient besoin étaient la foi et la raison.

Nous avons une maladie progressive, incurable et mortelle. D’une manière ou d’une autre, nous sortions acheter notre destruction, inexorablement. Du «junkie» dérobant des sacs à main jusqu’à l’aimable petite dame d’un certain âge sonnant chez deux ou trois médecins pour obtenir ses ordonnances légales, nous avons tous une chose en commun : nous recherchons notre destruction, une dose à la fois, quelques pilules à la fois ou une bouteille à la fois, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Voilà, en partie du moins, ce qu’est la folie de la dépendance. Si le prix de la maladie peut sembler plus élevé pour un dépendant qui se prostitue pour un « fix » que pour celui qui se contente de mentir à son médecin, au bout du compte les deux payent de leur vie. La folie, c’est répéter les mêmes erreurs et s’attendre à des résultats différents.

Beaucoup d’entre nous se rendent compte en arrivant au programme qu’ils avaient souvent recommencé à consommer même s’ils étaient conscients qu’ils détruisaient leur vie. La folie, c’est consommer des drogues jour après jour en sachant que seule la destruction physique et mentale en résulte. La folie la plus évidente de la maladie de la dépendance, c’est l’obsession de consommer des drogues.

Posez-vous cette question : « Serait-il insensé d’arrêter un passant dans la rue pour lui demander : « Donnez-moi, s’il vous plaît, une crise cardiaque ou un accident mortel ? » Si vous trouvez que cela est effectivement absurde, la Deuxième Étape ne devrait vous poser aucun problème.

Dans ce programme, la première chose que nous faisons, c’est d’arrêter de consommer de la drogue. À partir de là, nous commençons à ressentir la douleur de vivre sans drogues ou tout ce qui pourrait les remplacer. La souffrance nous pousse à rechercher une Puissance supérieure à nous-mêmes, capable de nous libérer de notre obsession de consommer.

Le cheminement qui nous amène à croire est semblable pour la plupart des dépendants. Ce qui manquait à la plupart d’entre nous était une relation efficace avec une Puissance supérieure. Nous commençons à développer cette relation en admettant simplement l’existence possible d’une Puissance supérieure à nous-mêmes. La plupart d’entre nous n’ont pas de difficultés à admettre que la dépendance était devenue une force destructrice dans leur vie. Nos meilleurs efforts n’ont abouti qu’à l’escalade dans la destruction et le désespoir. À un certain point, nous avons réalisé que nous avions besoin de l’aide d’une Puissance supérieure à notre dépendance.

Notre compréhension d’une Puissance supérieure ne dépend que de nous, personne ne peut nous imposer la sienne. Nous pouvons l’appeler le groupe, le programme ou nous pouvons l’appeler Dieu. Les seuls critères suggérés sont que cette Puissance nous aime, se soucie de nous et soit supérieure à nous-mêmes. Nous n’avons pas besoin d’avoir la foi religieuse pour accepter cette idée. Ce qui importe, c’est d’ouvrir notre esprit pour croire. Cela peut nous sembler difficile, mais en gardant l’esprit ouvert, tòt ou tard, nous trouverons l’aide dont nous avons besoin. Nous avons parlé avec d’autres et les avons écoutés. Nous avons vu des gens en voie de rétablissement et ils nous ont dit ce qui marchait pour eux. Nous avons commencé à voir des signes d’une certaine Puissance qu’on ne pouvait expliquer totalement. Confrontés à de tels signes, nous avons commencé à accepter l’existence d’une Puissance supérieure à nous-mêmes. Et nous pouvons recourir à cette Puissance bien avant de La comprendre.

À mesure que se multiplient dans notre vie les coïncidences et les miracles, l’acceptation se transforme en confiance. Nous nous sentons de plus en plus à l’aise avec notre Puissance supérieure comme source de force. En apprenant à faire confiance à cette Puissance, nous commençons à surmonter notre peur de la vie.

En venir à croire est ce qui nous rend la raison. La force de passer à l’action vient de cette croyance. Nous avons besoin d’accepter cette étape pour nous engager sur le chemin du rétablissement. Quand notre foi a grandi, nous sommes prêts pour la Troisième Étape.

TROISIÈME ÉTAPE

« Nous avons décidé de confier notre volonté et notre vie aux soins de Dieu tel que nous Le concevions. »

En tant que dépendants, nous avons confié de nombreuses fois notre volonté et notre vie à une puissance destructrice. Notre volonté et notre vie étaient sous le contròle de la drogue. Nous étions pris au piège du besoin d’obtenir le plaisir immédiat que nous procurait la drogue.

Durant cette période de notre vie, tout notre être physique, mental et spirituel était dominé par la drogue. Ce plaisir a duré quelque temps, certes, puis les effets euphoriques de la drogue se sont dissipés et nous avons connu le còté sombre de la dépendance. Nous avons découvert qu’au paradis artificiel de la drogue succédait l’enfer de la souffrance physique et morale. Nous n’avions qu’une alternative: endurer les effets douloureux du sevrage ou consommer davantage.

Pour nous tous, le jour est venu où nous n’avions plus le choix : nous devions consommer. Ayant confié notre vie et notre volonté à notre dépendance, nous avons, dans un désespoir total, cherché une autre solution. Dans Narcotiques Anonymes, nous prenons la décision de confier notre volonté et notre vie aux soins de Dieu, tel que nous Le concevons. Il s’agit là d’un pas de géant. Point n’est besoin d’appartenir à une religion, n’importe qui peut faire cette étape. La seule condition requise est la bonne volonté. L’essentiel est d’ouvrir la porte à une Puissance supérieure à nous-mêmes.

La conception que nous avons de Dieu n’est pas dogmatique mais nous vient plutòt de ce que nous croyons et de ce qui fonctionne pour nous. Pour beaucoup d’entre nous, Dieu est tout simplement la force qui leur permet de rester abstinents. Chaque personne a le droit de croire en un Dieu comme elle l’entend, en toute liberté. Et c’est précisément parce que nous avons ce droit que nous devons faire preuve d’honnêteté dans notre croyance pour grandir sur le plan spirituel.

Nous avons découvert que tout ce que nous avions besoin de faire, c’était d’essayer. Lorsque nous avons donné le meilleur de nous-mêmes, le programme a fonctionné pour nous, tout comme pour un grand nombre de dépendants avant nous. La Troisième Étape ne dit pas : « Nous avons confié notre volonté et notre vie aux soins de Dieu », elle dit : « Nous avons décidé de confier notre volonté et notre vie aux soins de Dieu tel que nous Le concevions. » Nous avons pris cette décision. Elle n’a pas été prise pour nous par les drogues, notre famille, un officier de probation, un juge, un thérapeute ou un médecin. Nous seuls l’avons prise ! Pour la première fois depuis que nous avons ressenti l’euphorie de la drogue en nous, nous avons pris une décision pour nous-mêmes. Le mot décision implique de passer à l’action. Cette décision est fondée sur la foi. Il nous suffit de croire que le miracle que nous voyons opérer dans la vie des dépendants abstinents, peut se produire chez tout dépendant ayant le désir de changer. Nous prenons simplement conscience du fait qu’il existe un principe de croissance spirituelle pouvant nous aider à devenir plus tolérants, plus patients et plus utiles pour aider les autres. Beaucoup d’entre nous ont dit : « Prends ma volonté et ma vie. Guide-moi dans mon rétablissement. Montre-moi comment vivre. » Le soulagement obtenu en suivant le principe « Lâche prise et laisse Dieu agir » nous aide à bâtir une vie qui vaut la peine d’être vécue.

La soumission à la volonté de notre Puissance supérieure devient plus facile par une pratique quotidienne. Lorsque nous essayons honnêtement, ça marche. Beaucoup d’entre nous commencent leur journée en demandant simplement à leur Puissance supérieure de les guider. Même si nous savons que le fait de s’en remettre à une Puissance supérieure fonctionne, il peut encore nous arriver de reprendre le contròle de notre volonté et de notre vie. Le fait que Dieu le permette peut même nous mettre en colère. Parfois, au cours de notre rétablissement, la décision de demander l’aide de Dieu est notre plus grande source de force et de courage. Nous ne pourrons jamais prendre cette décision trop souvent. Nous nous soumettons calmement à Dieu, tel que nous Le concevons et le laissons prendre soin de nous.

Au début, les questions suivantes nous tournaient dans la tête : « Qu’arrivera-t-il lorsque je confierai ma vie ? Deviendrai-je parfait ? » Il se peut que nous ayons été plus réalistes que cela. Certains d’entre nous ont dû demander à un membre plus expérimenté de N.A. : « Comment as-tu vécu cela ? » La réponse variera d’un membre à l’autre. La plupart d’entre nous croient que l’ouverture d’esprit, la bonne volonté et la soumission sont les clés de cette étape.

Nous avons confié notre volonté et notre vie aux soins d’une Puissance supérieure à nous- mêmes. Si nous sommes consciencieux et sincères, nous constaterons une amélioration. Nos craintes diminuent et notre foi commence à grandir au fur et à mesure que nous découvrons la véritable signification de la soumission. Nous n’avons plus à nous battre contre la peur, la colère, la culpabilité, l’apitoiement sur nous-mêmes ou la dépression. Nous prenons conscience que la puissance qui nous a amenés au programme est encore avec nous et continuera de nous guider, si nous le voulons bien. Nous commençons lentement à nous libérer de la peur paralysante du désespoir. Pour nous en convaincre, il suffit d’en constater les effets dans notre manière de vivre.

Nous en sommes venus à aimer vivre sans consommer et désirons davantage des bonnes choses que la Fraternité N.A. nous réserve. Nous savons maintenant que nous ne pouvons pas faire de pause dans notre cheminement spirituel ; nous voulons tout ce que nous pouvons obtenir de ce programme.

Maintenant nous sommes prêts à faire une première évaluation honnête de nous-mêmes et nous commençons la Quatrième Étape.

QUATRIÈME ÉTAPE

« Nous avons fait un inventaire moral sans peur et approfondi de nous-mêmes. »

L’objet d’un inventaire moral sans peur et approfondi est de faire le tri dans la confusion et les contradictions de notre vie afin de découvrir qui nous sommes vraiment. Nous débutons dans un nouveau mode de vie et nous avons besoin de nous débarrasser des fardeaux et des pièges qui nous ont empêchés de grandir.

En abordant cette étape, la plupart d’entre nous ont peur d’avoir un monstre en eux qui les détruira s’il est relâché. Cette peur peut nous faire remettre notre inventaire à plus tard et peut même nous empêcher purement et simplement d’entreprendre cette étape cruciale. Nous avons constaté que la peur est un manque de foi et nous avons trouvé un Dieu personnel qui nous aime et vers qui nous pouvons nous tourner. Nous n’avons plus à avoir peur.

Nous avons été des experts dans l’art de nous duper et dans la rationalisation. En écrivant notre inventaire, nous pouvons surmonter ces obstacles. Un inventaire écrit révélera des parties de notre subconscient qui restent cachées lorsque nous nous en tenons à réfléchir à ce que nous sommes ou que nous en parlons. Lorsque c’est écrit noir sur blanc, il est beaucoup plus facile de voir notre vraie nature et beaucoup plus difficile de la nier. L’évaluation honnête de ce que nous sommes est un des fondements de notre nouvelle façon de vivre.

Regardons les choses en face : lorsque nous consommions, nous n’étions pas honnêtes envers nous-mêmes. Nous commençons à être honnêtes avec nous-mêmes quand nous admettons que la dépendance nous a vaincus et que nous avons besoin d’aide. Cela nous a pris longtemps pour admettre que nous étions battus. Nous avons découvert que nous ne nous rétablissons pas physiquement, mentalement et spirituellement du jour au lendemain. La Quatrième Étape nous aidera dans notre rétablissement plus que nous ne pouvons l’imaginer. La plupart d’entre nous découvrent qu’ils n’étaient pas aussi monstrueux ni aussi merveilleux qu’ils le croyaient. Au cours de notre inventaire, nous sommes étonnés de découvrir que nous avons de bons còtés. Tous ceux qui ont une certaine expérience de ce programme et qui ont travaillé cette étape, vous diront que la Quatrième Étape a marqué un tournant dans leur vie.

Certains d’entre nous commettent l’erreur d’aborder la Quatrième Étape comme si nous devions avouer à quel point nous sommes horribles et quelles mauvaises personnes nous avons été. Dans ce nouveau mode de vie, ce genre d’épanchement excessif peut être dangereux. Ce n’est pas le but de la Quatrième Étape. Nous essayons de nous départir de nos vieilles habitudes de vie qui sont inutiles. Nous faisons la Quatrième Étape pour grandir et pour obtenir de la force et de la lucidité. Il existe plusieurs façons d’aborder la Quatrième Étape. Pour obtenir la foi et le courage d’écrire un inventaire sans peur, les Première, Deuxième et Troisième Étapes sont la préparation nécessaire. Avant de commencer, il est recommandé de revoir les trois premières étapes avec un parrain. Nous devenons plus à l’aise dans notre compréhension de ces étapes. Nous nous accordons le privilège de nous sentir bien dans ce que nous entreprenons. Pendant longtemps, nous nous sommes débattus et cela ne nous a menés nulle part. Maintenant, nous commençons la Quatrième Étape et nous cessons de nous cramponner à la peur. Nous mettons simplement cette étape sur le papier, au mieux de notre capacité d’aujourd’hui.

Nous devons en avoir fini avec le passé, ne pas nous y cramponner. Nous voulons le regarder en face, le considérer d’une façon réaliste, puis nous en libérer afin de vivre le présent. Pour la majorité d’entre nous, le passé est comme un fantòme dans un placard. Et jusqu’ici nous avons craint d’ouvrir ce placard de peur de ce que pourrait nous faire ce fantòme. Mais nous n’avons pas à être seuls pour faire face à notre passé. Notre volonté et notre vie sont maintenant entre les mains de notre Puissance supérieure.

Écrire un inventaire minutieux et honnête semblait impossible. Cela était effectivement vrai lorsque nous ne comptions que sur nos propres forces. Nous nous accordons un moment de calme avant d’écrire et demandons la force d’être sans peur et minutieux.

Dans la Quatrième Étape, nous commençons à établir le contact avec nous-mêmes. Nous détaillons les éléments de notre passif : culpabilité, honte, remords, apitoiement sur notre sort, ressentiment, colère, dépression, frustration, confusion, isolement, angoisse, sentiments de trahison, désespoir, échec, peur et déni. Nous écrivons sur les choses qui nous dérangent ici et maintenant. Nous avons tendance à penser de façon négative ; c’est pourquoi le fait d’écrire ce que nous vivons nous permet de jeter un regard positif sur ce qui se passe.

Le deuxième volet de cette comptabilité personnelle est bien sûr, notre actif et ceci est indispensable pour obtenir une image précise et complète de nous-mêmes. La plupart d’entre nous éprouvent de grandes difficultés à voir leurs cotés positifs parce qu’ils n’arrivent pas à accepter le fait qu’ils ont des qualités. Néanmoins, nous en avons tous et beaucoup ont été récemment acquises dans le programme comme : l’abstinence, l’ouverture d’esprit, la conscience de la présence d’un Dieu, l’honnêteté envers les autres, l’acceptation, la capacité d’agir positivement, le partage, la bonne volonté, le courage, la foi, la sollicitude, la reconnaissance, la bonté et la générosité. Notre inventaire comporte aussi habituellement des éléments concernant nos relations affectives.

Nous passons en revue les actes de notre passé et notre comportement présent pour voir ce que nous voulons garder et ce dont nous voulons nous débarrasser. Personne ne nous oblige à renoncer à notre détresse. Cette étape a la réputation d’être difficile ; en réalité, elle est assez simple.

Nous écrivons notre inventaire sans penser à la Cinquième Étape. Nous travaillons la Quatrième Étape comme s’il ne devait pas y avoir de Cinquième. La façon dont nous écrivons, seuls ou entourés de gens, importe peu ; il s’agit de choisir la formule qui nous convient. Nous pouvons écrire beaucoup ou peu selon le besoin. Une personne d’expérience peut nous aider. L’important, c’est d’écrire un inventaire moral. Si le mot moral nous gêne, nous pouvons l’appeler inventaire positif/négatif.

La seule façon de faire un inventaire, c’est de l’écrire. Ce n’est pas en y pensant, en en parlant et en faisant de la théorie à son sujet que nous mettrons notre inventaire par écrit. Nous nous asseyons devant un cahier, demandons à être guidés, prenons un stylo et commençons à écrire. Tout ce qui nous vient à l’esprit est bon pour l’inventaire. Lorsque nous prenons conscience du peu que nous avons à perdre et de tout ce que nous avons à gagner, nous commençons cette étape.

En règle générale, nous pouvons écrire trop peu mais jamais trop. L’inventaire s’adaptera à celui qui le fait. Cet inventaire peut sembler difficile, douloureux, voire impossible. Nous pouvons craindre qu’être en contact avec nos émotions déclenche une avalanche de douleur et de panique. Nous pouvons être tentés de nous soustraire à l’inventaire par peur de l’échec. Lorsque nous ne voulons pas tenir compte de nos émotions, la tension devient intolérable et la peur d’une catastrophe imminente surpasse notre peur de l’échec.

Cela devient un soulagement de procéder à l’inventaire car ne pas le faire est plus douloureux que le faire. Nous apprenons que la douleur peut être un facteur de motivation dans notre rétablissement. Y faire face devient donc inévitable. Chaque thème des réunions d’étapes semble se rapporter à la Quatrième Étape ou à l’inventaire quotidien. L’inventaire nous permet de faire face à tout ce qui peut s’accumuler. Plus nous vivons notre programme, plus Dieu semble nous mettre dans des situations où des questions non réglées resurgissent. Lorsque que cela arrive, nous les mettons par écrit. Nous commençons à apprécier notre rétablissement car nous avons un moyen de nous débarrasser de la honte, de la culpabilité ou du ressentiment. Nous pouvons également nous défaire du stress qui nous étouffe. Écrire, cela soulèvera le couvercle de notre « marmite ». Nous décidons si nous voulons en servir le contenu, refermer le couvercle dessus, ou bien jeter le tout. Nous n’avons plus à mijoter là-dedans.

Nous nous asseyons avec un cahier et un stylo et demandons à Dieu de nous aider à mettre en évidence les défauts qui causent notre souffrance. Nous prions pour obtenir le courage d’être sans peur et minutieux, afin que cet inventaire puisse nous aider à mettre de l’ordre dans notre vie. Lorsque nous prions et passons à l’action, ça va toujours mieux pour nous. Nous ne deviendrons pas parfaits. Si nous l’étions, nous ne serions pas des êtres humains. L’important est de faire de notre mieux. En utilisant les outils dont nous disposons, nous développons la capacité de vivre nos émotions. Nous ne voulons rien perdre de ce que nous avons acquis, nous voulons continuer à avancer dans le programme. Notre expérience montre que notre inventaire, si minutieux et approfondi soit-il, reste sans effet durable s’il n’est pas suivi rapidement d’une Cinquième Étape tout aussi approfondie.

CINQUIÈME ÉTAPE

« Nous avons avoué à Dieu, à nous-mêmes et à un autre être humain la nature exacte de nos torts. »

La Cinquième Étape est la clé de la liberté. Elle nous permet de vivre dans le présent sans consommer. En partageant la nature exacte de nos torts, nous devenons libres de vivre. Après avoir fait une Quatrième Étape minutieuse, nous faisons face à ce que notre inventaire nous a fait découvrir. On nous dit que si nous gardons ces défauts pour nous, ils nous ramèneront à la consommation. Nous cramponner au passé finirait par nous dégoûter et nous empêcherait de vraiment prendre part à notre nouveau mode de vie. Si nous ne sommes pas honnêtes en faisant notre Cinquième Étape, nous obtiendrons les mêmes résultats négatifs que nous a valu la malhonnêteté dans le passé.

La Cinquième Étape nous suggère d’avouer à Dieu, à nous-mêmes et à un autre être humain la nature exacte de nos torts. Nous avons considéré nos torts, examiné nos comportements et avons commencé à apercevoir les aspects plus profonds de notre maladie. Maintenant, nous nous asseyons avec une autre personne et partageons notre inventaire de vive voix.

Notre Puissance supérieure nous accompagnera durant notre Cinquième Étape. Nous recevrons de l’aide et nous pourrons faire face non seulement à nous-mêmes mais à une autre personne. Il ne semblait pas nécessaire d’avouer la nature exacte de nos torts à notre Puissance supérieure. « Dieu sait déjà tout cela » pensions-nous. Bien qu’Il le sache déjà, l’aveu doit venir de notre propre bouche pour être vraiment efficace. La Cinquième Étape n’est pas une simple lecture de la Quatrième.

Pendant des années, nous avons évité de nous voir tels que nous étions vraiment. Nous avions honte de nous-mêmes et nous nous sentions isolés du reste du monde. Maintenant que nous avons cerné la part honteuse de notre passé, nous pouvons l’éliminer si nous y faisons face et que nous l’admettons. Il serait malheureux d’avoir écrit tout cela pour le ranger ensuite dans un tiroir. Ces défauts grandissent lorsque nous les gardons sous silence et meurent lorsque nous les étalons au grand jour.

Avant d’arriver à Narcotiques Anonymes, nous avions l’impression que personne ne pourrait jamais comprendre les choses que nous avions faites. Nous avions peur qu’en nous montrant tels que nous étions, nous serions rejetés. La majorité des dépendants se sentent mal à l’aise face à cela. Nous reconnaissons avoir manqué de réalisme à cet égard. Les autres membres N.A. nous comprennent, il n’y a pas à en douter.

Nous devons choisir avec soin la personne qui écoutera notre Cinquième Étape. Nous devons nous assurer qu’elle est au courant de ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Bien qu’il n’existe pas de règles définies quant à ce choix, il est important que cette personne ait toute notre confiance. Seule une confiance entière en l’intégrité et la discrétion de cette personne pourra nous donner l’envie de faire cette étape à fond. Certains préfèrent choisir un parfait étranger; d’autres, par contre, se sentent plus à l’aise avec un membre de Narcotiques Anonymes. Nous savons qu’un autre dépendant est moins susceptible de nous juger avec méchanceté ou de mal nous comprendre.

Une fois décidés et seuls avec cette personne qui nous encourage, nous commençons à parler. Nous voulons être déterminés, honnêtes et minutieux parce que nous nous rendons compte que c’est une question de vie ou de mort.

Certains parmi nous ont essayé de cacher en partie la vérité sur leur passé et ont de la sorte cherché un moyen plus facile de faire face à leurs sentiments profonds. Nous pouvons penser que nous en avons fait assez en écrivant sur notre passé. Nous ne pouvons pas nous permettre cette erreur. Cette étape a pour effet de mettre à nu nos motifs et nos actions. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que ces choses se révèlent d’elles-mêmes. Nous finissons cependant par surmonter notre gêne et nous pouvons éviter la culpabilité future.

Nous évitons de remettre ce travail à plus tard. Nous devons être précis. Nous voulons dire la vérité, sans plus et le faire sans perdre de temps. Il existe toujours le danger que nous exagérions nos torts. Il est tout aussi dangereux de minimiser ou de rationaliser notre responsabilité dans les événements passés. Après tout, « faire bonne figure » demeure encore très important pour nous.

Les dépendants ont tendance à mener des vies secrètes. Nous avons passé de nombreuses années à camoufler notre pauvre estime de nous-mêmes derrière de fausses images qui, nous l’espérions, tromperaient les gens. Malheureusement, nous nous trompions nous-mêmes plus que quiconque. Même si nous apparaissions souvent sûrs de nous et attirants extérieurement, nous étions en réalité des personnes chancelantes et anxieuses intérieurement. Les masques doivent tomber. Nous partageons notre inventaire tel qu’il est écrit, sans rien omettre. Nous continuons d’aborder cette étape honnêtement et minutieusement jusqu’à la fin. C’est un grand soulagement de se débarrasser de tous nos secrets et de partager le poids de notre passé.

Habituellement, durant notre partage, notre interlocuteur partagera une partie de son expérience personnelle avec nous. Nous découvrons que nous ne sommes pas uniques. Nous voyons par l’acceptation de notre confident que nous pouvons être acceptés tels que nous sommes. Il se peut que nous ne puissions jamais nous rappeler toutes nos erreurs passées. Nous devons, cependant, y consacrer le meilleur effort possible. Nous commençons alors à éprouver de véritables sentiments personnels de nature spirituelle. Alors que, jusque-là, nous n’avions que des théories spirituelles, nous commençons maintenant à nous éveiller à une réalité spirituelle. Ce premier examen personnel révèle ordinairement certains traits de notre personnalité qui ne nous sont pas particulièrement agréables. Mais ce n’est qu’en dévoilant ces choses et en leur faisant face que nous pouvons arriver à les considérer de façon constructive. Nous ne pouvons pas faire de tels changements seuls. Nous aurons besoin de l’aide de Dieu, tel que nous Le concevons et de la Fraternité de Narcotiques Anonymes.

SIXIÈME ÉTAPE

« Nous avons pleinement consenti à ce que Dieu élimine tous ces défauts de caractère. »

Pourquoi demander quelque chose avant d’être prêts à la recevoir ? Ce serait nous préparer des ennuis. Nous, les dépendants, avons si souvent cherché à bénéficier des fruits d’un travail difficile sans le moindre effort. La bonne volonté est ce que nous essayons d’obtenir dans la Sixième Étape. La sincérité que nous apporterons à travailler cette étape sera proportionnelle à notre désir de changement.

Voulons-nous vraiment nous défaire de nos ressentiments, de notre colère, de notre peur ? Beaucoup d’entre nous s’accrochent à leurs peurs, leurs doutes, leur dégoût d’eux-mêmes ou leur haine, car il y a une certaine sécurité perverse dans la douleur familière. Il peut sembler plus sécurisant de s’accrocher à ce qu’on connaît plutòt que de le laisser aller pour l’inconnu. Ne plus nous cramponner à nos défauts de caractère doit se faire d’une manière décisive. Nous souffrons parce que ce qu’ils exigent de nous nous affaiblit. Là où nous étions orgueilleux, nous nous rendons compte que l’arrogance ne suffit plus. Si nous ne sommes pas humbles, nous serons humiliés. Si nous avons tendance à être avides, nous nous rendons compte que nous ne sommes jamais satisfaits. Avant de faire la Quatrième et la Cinquième Étape, nous pouvions nous complaire dans la peur, la colère, la malhonnêteté ou l’apitoiement sur nous-mêmes. Se complaire aujourd’hui dans nos défauts de caractère diminue notre capacité de penser logiquement. L’égoïsme devient un lien destructeur intolérable qui nous enchaîne à nos mauvaises habitudes. Nos défauts nous font perdre notre temps et nous vident de notre énergie. Nous examinons l’inventaire effectué lors de notre Quatrième Étape et considérons avec soin les conséquences de ces défauts dans notre vie. Nous commençons à vouloir nous libérer de ces défauts. Par la prière ou autrement, nous devenons consentants, prêts et aptes à laisser Dieu éliminer ces éléments destructeurs. Pour rester abstinents, il faut que notre personnalité change. Nous voulons changer !

Il nous faut aborder nos anciens défauts avec un esprit ouvert. Nous en sommes conscients et pourtant nous commettons toujours les mêmes erreurs et sommes incapables de rompre avec nos mauvaises habitudes. Nous sommes venus chercher dans la Fraternité le genre de vie que nous voulons pour nous-mêmes. Nous demandons à nos amis : « As-tu lâché prise ? » Presque sans exception, ils répondent : « Oui, au mieux de ma capacité. » Quand nous voyons l’emprise de nos défauts sur notre vie et quand nous les acceptons, nous pouvons lâcher prise sur eux et progresser dans notre nouvelle vie. Nous voyons que nous grandissons lorsque nous faisons de nouvelles erreurs au lieu de répéter les anciennes.

Lorsque nous travaillons la Sixième Étape, il est important de nous rappeler que nous sommes des êtres humains et que nous ne devrions pas nous fixer des objectifs irréalisables. C’est une étape de bonne volonté. La bonne volonté est le principe spirituel de la Sixième Étape. La Sixième Étape nous aide à prendre une direction spirituelle. Comme nous sommes des êtres humains, nous ne prendrons pas toujours la bonne piste.

À ce stade, la révolte est un défaut de caractère qui peut nous nuire. Nous n’avons pas besoin de perdre la foi lorsque nous nous rebellons. L’indifférence ou l’intolérance que la révolte peut faire surgir en nous, peut être surmontée par un effort constant. Nous continuons à demander de la bonne volonté. Nous pouvons douter que Dieu veuille bien nous soulager ou craindre que les choses tournent mal. Nous demandons à un autre membre N.A. qui nous dira : « Tu es exactement au point où tu es censé être. » Nous renouvelons notre consentement à ce que nos défauts nous soient enlevés. Nous nous soumettons aux suggestions simples que ce programme nous offre. Même si nous ne sommes pas entièrement prêts, nous allons dans le bon sens.

Finalement, la foi, l’humilité et l’acceptation remplacent l’orgueil et la révolte. Nous en venons à nous connaître. Nous nous apercevons que nous acquérons une plus grande maturité d’esprit. Nous commençons à nous sentir mieux à mesure que notre consentement se transforme en espoir. Nous entrevoyons alors, peut-être pour la première fois, ce que pourrait être notre nouvelle vie. Avec cela en vue, nous mettons notre bonne volonté en action et passons à la Septième Étape.

SEPTIÈME ÉTAPE

« Nous Lui avons humblement demandé de nous enlever nos déficiences. »

Les défauts de caractère ou déficiences sont ces choses qui ont causé souffrance et détresse toute notre vie. S’ils avaient réellement contribué à notre santé et à notre bonheur, nous n’aurions pas atteint un tel état de désespoir. Nous avons dû nous rendre prêts à ce que Dieu, tel que nous Le concevions, nous enlève ces défauts.

Ayant décidé que nous voulons que Dieu nous libère des aspects inutiles et destructeurs de notre personnalité, nous sommes arrivés à la Septième Étape. Nous ne pouvions pas faire face à l’épreuve de la vie par nous-mêmes. Ce n’est qu’après avoir fait un véritable gâchis de notre vie que nous nous sommes rendu compte que nous ne pouvions pas y arriver seuls. En admettant cela, nous avons fait un pas vers l’humilité. C’est là l’ingrédient principal de la Septième Étape. L’humilité résulte de l’honnêteté envers soi-même. Nous avons pratiqué l’honnêteté depuis la Première Étape. Nous avons accepté notre dépendance et notre impuissance. Nous avons découvert une force au-delà de nous-mêmes et nous avons appris à lui faire confiance. Nous avons fait l’examen de notre vie et nous avons découvert qui nous étions réellement. Être véritablement humbles, c’est accepter et honnêtement essayer d’être nous-mêmes. Aucun d’entre nous n’est entièrement bon ni entièrement mauvais. Nous sommes des gens avec des défauts et des qualités et pardessus tout, nous sommes humains.

Pour rester abstinents, l’humilité est tout aussi indispensable que l’eau et la nourriture le sont pour rester en vie. Plus notre dépendance progressait, plus nous mettions d’énergie à satisfaire nos désirs matériels. Tous les autres besoins étaient hors de notre portée. Nous recherchions toujours la satisfaction de nos désirs fondamentaux.

La Septième Étape est une étape d’action et c’est le moment de demander à Dieu aide et soulagement. Nous devons comprendre que notre façon de penser n’est pas la seule ; d’autres personnes peuvent nous donner des directives. Lorsque quelqu’un met le doigt sur une de nos déficiences, notre première réaction peut être défensive. Nous devons comprendre que nous ne sommes pas parfaits. Il y aura toujours de la place pour l’amélioration. Si nous voulons vraiment être libres, nous prendrons le temps de considérer attentivement ce que d’autres dépendants nous indiquent. Si les déficiences que nous découvrons en nous sont réelles et si nous avons la possibilité d’en être débarrassés, nous ressentirons sûrement une impression de bien-être.

Certains voudront se mettre à genoux pour cette étape. D’autres seront très calmes, d’autres encore déploieront beaucoup d’émotions pour montrer l’intensité de leur bonne volonté. Le mot humble s’applique parce que nous approchons cette Puissance supérieure à nous-mêmes pour lui demander la liberté de vivre sans les limitations de nos vieilles habitudes. Beaucoup d’entre nous sont prêts à travailler cette étape sans réserve, avec une foi aveugle, parce qu’ils en ont assez de ce qu’ils ont fait et de comment ils se sentent. Peu importe ce qui marche, nous allons jusqu’au bout.

Voilà notre voie vers le progrès spirituel. Nous changeons chaque jour ; graduellement et prudemment, nous sortons de l’isolement et de la solitude pour rentrer dans le courant de la vie. Ce progrès n’est pas le résultat d’un souhait mais bien de l’action et de la prière. Le but principal de la Septième Étape est de nous faire sortir de nous-mêmes afin que nous puissions accomplir la volonté de notre Puissance supérieure.

Si nous sommes négligents ou si le sens spirituel de cette démarche nous échappe, il est possible que nous éprouvions des difficultés et que de vieux problèmes reviennent à la surface. Être trop exigeants envers nous-mêmes peut aussi être dangereux.

Le partage avec d’autres dépendants en rétablissement nous aidera à éviter de nous prendre trop au sérieux. Accepter les défauts des autres nous aide à devenir humbles et nous prépare à la délivrance de nos propres défauts. Dieu agit souvent à travers ceux qui se soucient assez du rétablissement pour nous aider à prendre conscience de nos déficiences.

Nous avons remarqué que l’humilité joue un ròle important dans ce programme et dans notre nouveau mode de vie. Nous faisons notre inventaire, consentons à ce que Dieu élimine nos défauts de caractère et nous Lui demandons de nous enlever nos déficiences. Voici notre voie vers le progrès spirituel et nous voudrons la poursuivre. Nous sommes prêts pour la Huitième Étape.

HUITIÈME ÉTAPE

« Nous avons dressé une liste de toutes les personnes que nous avions lésées et avons résolu de leur faire amende honorable. »

C’est à la Huitième Étape que nous mettons à l’épreuve notre humilité nouvellement acquise. Notre but est de nous libérer du sentiment de culpabilité qui nous a accablé jusqu’ici. Nous voulons regarder le monde en face sans peur ni agressivité.

Sommes-nous prêts à dresser une liste de toutes les personnes que nous avons lésées, pour dissiper les sentiments de peur et de culpabilité que renferme notre passé ? Notre expérience montre que nous devons devenir consentants avant que cette étape ne donne un résultat. La Huitième Étape n’est pas facile ; elle exige un nouveau genre d’honnêteté dans nos relations avec les autres. La Huitième Étape entame un processus de pardon : nous pardonnons aux autres, peut-être serons-nous pardonnés ; et finalement, nous nous pardonnons et nous apprenons comment vivre dans ce monde. Une fois rendus à cette étape nous sommes prêts à comprendre plutòt qu’à être compris. Il nous sera plus facile de vivre et de laisser vivre quand nous saurons dans quel domaine nous devons faire amende honorable. Cela peut sembler difficile maintenant mais, une fois que nous l’aurons fait, nous nous demanderons pourquoi nous ne l’avons pas fait plus tòt.

Nous avons besoin d’une grande honnêteté avant de pouvoir dresser une liste exacte. Pour préparer la liste de la Huitième Étape, il est utile tout d’abord de définir ce qu’on entend par « léser ». Léser quelqu’un signifie lui causer un dommage physique ou mental. Léser veut également dire infliger de la douleur, faire souffrir ou causer une perte. Le dommage peut avoir été causé par quelque chose qui a été dit, fait ou qui n’a pas été fait. Le tort peut résulter de paroles ou d’actions, intentionnelles ou non. Le tort peut varier considérablement en importance ; nous pouvons avoir causé un simple malaise, tout comme nous pouvons avoir infligé des blessures physiques ou même la mort.

La Huitième Étape nous confronte à un problème. Beaucoup d’entre nous ont de la difficulté à admettre qu’ils ont lésé les autres parce qu’ils pensaient être des victimes dans leur dépendance. Il est essentiel d’éviter cette rationalisation lors de la Huitième Étape. Nous devons faire la distinction entre ce qui nous a été fait et ce que nous avons fait aux autres. Nous abandonnons toutes nos justifications et l’idée que nous ne sommes que des victimes. Nous avons souvent l’impression de n’avoir fait de mal qu’à nous-mêmes ; pourtant, nous nous classons habituellement en dernier sur la liste, si même nous le faisons. Cette étape est le travail pratique de réparation du désastre de notre vie.

Ce n’est pas en jugeant les fautes des autres que nous deviendrons de meilleures personnes, c’est en faisant le ménage dans notre vie. Ceci nous permettra de nous débarrasser de notre sentiment de culpabilité et nous nous sentirons mieux. En dressant cette liste, nous ne pouvons plus nier que nous avons fait du mal. Nous admettons que nous avons lésé les autres, directement ou indirectement, par action, mensonge, promesse non tenue ou négligence. Nous faisons notre liste ou nous nous servons de notre Quatrième Étape et nous ajoutons d’autres personnes à mesure qu’elles nous viennent à l’esprit. Nous regardons cette liste honnêtement, nous examinons sans réticence nos fautes et devenons ainsi consentants à faire amende honorable.

Dans certains cas, nous ne saurons peut-être pas exactement à qui nous avons fait du tort. La plupart de ceux qui nous ont approchés risquaient d’être lésés. De nombreux membres N.A. mentionnent leurs parents, leurs conjoints, leurs enfants, leurs amis, leurs amants, d’autres dépendants, des connaissances, des camarades de travail, des employeurs, des professeurs, des propriétaires et de parfaits étrangers. Nous pouvons aussi nous placer sur la liste parce qu’en nous adonnant à notre dépendance, nous étions lentement en train de nous suicider. Il peut être plus pratique de faire une liste distincte des personnes à qui nous devons un dédommagement financier. Comme pour toutes les étapes, il nous faut être minutieux. Dans la majorité des cas, il nous arrive bien plus souvent de ne pas atteindre nos objectifs que de les dépasser. Nous devons quand même compléter cette étape. Nous ne pouvons attendre indéfiniment de l’achever sous prétexte que nous ne sommes pas sûrs que notre liste soit complète. De toute manière, elle ne le sera jamais.

La dernière difficulté de la Huitième Étape, c’est de la distinguer de la Neuvième. Penser déjà aux amendes honorables que nous avons à faire peut être un obstacle majeur à l’établissement de la liste et une entrave à notre bonne volonté. Nous accomplissons cette étape comme s’il n’y avait pas de Neuvième Étape. Nous ne pensons même pas à faire amende honorable. Nous nous concentrons seulement sur ce que dit la Huitième Étape : dresser une liste et devenir consentants. L’apport principal de cette étape est de nous aider à prendre conscience petit à petit que notre attitude envers nous-mêmes et envers les autres est en train de changer.

Écouter attentivement les autres membres partager leur expérience de cette étape peut dissiper toute confusion quant à la préparation de notre liste. De plus, notre parrain peut partager avec nous ce qu’il a retiré de la Huitième Étape. En posant des questions au cours d’une réunion, nous pourrons également profiter de la conscience de groupe. Notre vie auparavant dominée par la culpabilité et le remords est grandement changée par cette Huitième Étape. Notre avenir est transformé parce que nous n’avons plus besoin d’éviter ceux que nous avons lésés. Subséquemment à cette étape, nous obtenons une nouvelle liberté qui peut mettre un terme à l’isolement. En prenant conscience de notre besoin d’être pardonnés, nous devenons plus aptes à pardonner nous-mêmes. Au moins, nous savons que nous ne cherchons plus intentionnellement à empoisonner la vie des autres.

La Huitième Étape est une étape d’action. Comme toutes les étapes, elle procure des bienfaits immédiats. Nous sommes maintenant libres de commencer à faire amende honorable dans la Neuvième Étape.

NEUVIÈME ÉTAPE

« Nous avons directement fait amende honorable à ces personnes dans tous les cas où c’était possible, sauf lorsque cela pouvait leur nuire ou faire tort à d’autres. »

Cette étape ne devrait pas être évitée car cela pourrait mener à une rechute. L’orgueil, la peur ou la procrastination semblent souvent être des barrières infranchissables qui entravent le progrès et la croissance. L’important c’est d’agir et d’être prêt à accepter les réactions des personnes que nous avons lésées. Nous faisons amende honorable du mieux que nous le pouvons.

Le choix du moment est une partie essentielle de cette étape. Nous devrions faire amende honorable à la première occasion, sauf si cela devait causer encore plus de tort. Parfois, nous ne pouvons pas faire amende honorable parce que ce n’est ni possible ni pratique. Dans certains cas, l’amende pourrait être au-delà de nos moyens. L’expérience nous a démontré que la bonne volonté peut remplacer l’action dans les cas où il nous est impossible de rejoindre la personne que nous avons lésée. Toutefois, nous ne devrions jamais éviter de contacter quelqu’un à cause de la gêne, de la peur ou de la tendance à tout remettre à plus tard.

Nous voulons nous libérer de notre culpabilité, mais nous ne voulons pas le faire aux dépens de quelqu’un d’autre. Dans nos démarches pour faire amende honorable, nous pourrions courir le risque de compromettre malencontreusement une tierce personne ou quelqu’un que nous fréquentions à l’époque où nous consommions de la drogue ; nous n’avons ni le droit ni le besoin de mettre quelqu’un d’autre en danger. Dans de tels cas, il est souvent nécessaire de suivre les directives des autres.

Nous recommandons de confier les problèmes juridiques à des avocats, les problèmes financiers ou médicaux à des professionnels. Pour apprendre à vivre avec succès, il faut, entre autre, apprendre à reconnaître quand nous avons besoin d’aide.

Il peut subsister un conflit irrésolu dans certaines de nos anciennes relations. Nous faisons notre part pour résoudre ces anciens conflits en faisant nos amendes. Nous voulons mettre un terme à tout autre antagonisme et à tout ressentiment. Dans de nombreux cas, nous ne pouvons que rencontrer la personne et lui demander humblement de comprendre nos fautes passées. Ce sera parfois un moment heureux quand, de bonne grâce, un vieil ami ou un membre de la famille consentira à abandonner toute amertume. Entrer en contact avec quelqu’un qui souffre encore des conséquences de nos mauvaises actions peut être dangereux. Faire amende honorable indirectement sera peut-être nécessaire dans des cas où une action directe s’avérerait risquée et pourrait mettre en danger d’autres personnes. Nous faisons nos amendes au mieux de notre capacité. Nous essayons de nous rappeler que, lorsque nous faisons amende honorable, nous le faisons pour nous-mêmes. Au lieu de nous sentir coupables ou remplis de remords, nous nous sentons libérés de notre passé.

Nous acceptons que nos actions ont été la cause de notre attitude négative. La Neuvième Étape nous aide à surmonter notre culpabilité et aide les autres à surmonter leur colère. Parfois, la seule amende que nous pouvons faire est de rester abstinents. Nous nous le devons ainsi qu’à nos proches. Nous ne sommes plus en train de tout bousiller dans la société à cause de notre consommation. Parfois aussi, la seule façon que nous avons de faire amende honorable est par une contribution positive à la société. Maintenant, nous nous aidons nous-mêmes et nous aidons d’autres dépendants à se rétablir. C’est une façon formidable de dédommager l’ensemble de la société.

Au cours de notre rétablissement, nous recouvrons la raison. Or, cette santé de l’esprit consiste en partie à savoir entretenir de bonnes relations avec les autres. Nous avons moins souvent tendance à voir les gens comme une menace pour notre sécurité. Le mal physique et la confusion mentale que nous avions connus dans le passé ont été remplacés par un sentiment de réelle sécurité. Avec humilité et patience, nous entrons en contact avec ceux à qui nous avons fait du tort. Beaucoup parmi ceux qui nous souhaitaient sincèrement du bien auront de la difficulté à croire que notre rétablissement est véritable. Nous devons nous souvenir de la souffrance qu’ils ont endurée. Avec le temps, beaucoup de miracles se produiront. Ceux d’entre nous qui s’étaient séparés de leur famille réussissent dans bien des cas à établir de nouvelles relations avec elle. À la longue, il devient plus facile pour nos familles d’accepter le changement en nous. La durée de notre abstinence parle d’elle-même. La patience est un élément important de notre rétablissement. L’amour inconditionnel que nous vivons renouvellera notre volonté de vivre et à chacun de nos gestes positifs, correspondra une occasion inespérée. Il faut beaucoup de courage et de foi pour faire amende honorable et il en résulte un grand progrès spirituel. Nous sommes en train de nous libérer des ruines de notre passé. Nous voulons garder nos « affaires » en ordre en poursuivant un inventaire personnel continu avec la Dixième Étape.

DIXIÈME ÉTAPE

« Nous avons poursuivi notre inventaire personnel et avons promptement admis nos torts dès que nous nous en sommes aperçus. »

La Dixième Étape nous libère des ruines de notre présent. Si nous ne restons pas conscients de nos défauts, ils peuvent nous entraîner dans une impasse dont nous ne pourrons sortir abstinents.

Une des premières choses que nous apprenons dans Narcotiques Anonymes est que, si nous consommons, nous sommes perdants. De la même manière, nous ne souffrirons pas autant si nous pouvons éviter les choses qui nous causent de la souffrance. Continuer à faire un inventaire personnel signifie que nous acquérons l’habitude d’examiner notre conduite, nos attitudes et nos relations avec les autres de manière régulière.

Nous sommes des êtres gouvernés par l’habitude et susceptibles de retomber dans nos anciennes façons de penser et de réagir. Parfois, il peut nous sembler plus facile de continuer dans notre vieille routine autodestructrice plutòt que de nous engager sur un chemin nouveau et apparemment dangereux. Nous n’avons plus à être prisonniers de nos anciens comportements. Aujourd’hui, nous avons le choix.

La Dixième Étape peut nous aider à corriger nos erreurs et empêcher qu’elles se reproduisent dans notre vie. Nous examinons nos actions pendant la journée. Certains d’entre nous préfèrent mettre leurs impressions par écrit, expliquant ce qu’ils ont ressenti et le ròle qu’ils ont pu jouer dans les difficultés qui se sont présentées. Avons-nous lésé quelqu’un ? Avons-nous besoin d’admettre que nous avons eu tort ? Si nous sommes en présence d’un problème, nous faisons un effort pour le régler. Quand nous ne nous occupons pas de ces choses-là, elles finissent par s’envenimer.

Cette étape peut nous défendre contre notre ancienne folie. Nous pouvons nous demander si nous ne sommes pas de nouveau attirés par nos vieux comportements de colère, de ressentiment ou de peur. Nous sentons-nous pris au piège ? Sommes-nous en train de nous mettre dans le pétrin ? Avons-nous trop faim ? Sommes-nous trop en colère ? Nous sentons- nous trop seuls ou trop fatigués ? Nous prenons-nous trop au sérieux ? Est-ce-que nous nous jugeons intérieurement par rapport à l’apparence extérieure des autres ? Souffrons-nous de problèmes d’ordre physique ? Les réponses à ces questions peuvent nous aider à régler les difficultés du moment. Nous n’avons plus besoin de vivre avec la sensation constante d’avoir un vide intérieur. Nos principaux soucis et la majorité de nos difficultés viennent du fait que nous ne savons pas comment vivre sans drogues. Souvent, quand nous demandons à un « ancien » ce qu’il faut faire, nous sommes surpris de la simplicité de sa réponse.

La Dixième Étape peut servir de soupape de sécurité. Nous travaillons cette étape alors que les hauts et les bas de la journée sont encore frais dans notre mémoire. Nous dressons une liste de tout ce que nous avons fait sans chercher à justifier nos actions. Cela peut se faire par écrit à la fin de la journée. La première chose que nous faisons, c’est de nous arrêter ! Ensuite, nous prenons le temps de nous accorder le privilège de penser. Nous examinons nos actions, nos réactions et nos motifs. Nous nous apercevons souvent que ce que nous avons fait a été mieux que ce que nous avons ressenti. Cela nous permet d’examiner notre conduite et d’admettre nos torts avant que les choses n’empirent. Nous devons éviter la rationalisation. Nous admettons promptement nos torts, nous ne les expliquons pas.

Nous travaillons cette étape continuellement. C’est une mesure préventive. Plus nous travaillons cette étape, moins nous aurons besoin de son élément correctif. Cette étape est un bon outil pour éviter de nous infliger de la souffrance. Nous surveillons nos sentiments, nos émotions, nos fantasmes et nos actions. En nous observant constamment nous-mêmes, nous sommes capables d’éviter de répéter les actions qui nous font nous sentir mal. Nous avons besoin de cette étape, même quand nous nous sentons bien et que tout va pour le mieux. Se sentir bien est nouveau pour nous et nous avons besoin d’entretenir ce sentiment. Lorsque ça va mal, nous pouvons essayer ce qui a marché quand tout allait bien. Nous avons le droit de nous sentir bien. Nous avons le choix. Mais les bonnes périodes peuvent aussi être un piège ; le danger serait d’oublier que notre priorité est de rester abstinents. Pour nous, le rétablissement est plus qu’une simple recherche du plaisir.

Nous avons besoin de nous rappeler que tout le monde fait des erreurs. Nous ne serons jamais parfaits. Cependant, nous pouvons nous accepter nous-mêmes grâce à la Dixième Étape. En continuant à faire un inventaire personnel, nous sommes libérés ici et maintenant de nous- mêmes et du passé. Nous ne justifions plus notre existence. Cette étape nous permet d’être nous-mêmes.

ONZIÈME ÉTAPE

« Nous avons cherché par la prière et la méditation à améliorer notre contact conscient avec Dieu, tel que nous Le concevions, Le priant seulement pour connaître Sa volonté à notre égard et pour obtenir la force de l’exécuter. »

Les dix premières étapes nous ont permis d’améliorer notre contact conscient avec Dieu tel que nous Le concevons. Elles constituent le fondement qui nous permettra d’atteindre les buts positifs que nous recherchons depuis longtemps. Maintenant que nous sommes rendus à cette phase de notre programme spirituel, par le travail des dix étapes précédentes, la plupart d’entre nous accueillent avec joie la pratique de la prière et de la méditation. Notre condition spirituelle est la base d’un rétablissement réussi qui nous offre une croissance illimitée.

Beaucoup d’entre nous commencent vraiment à apprécier leur rétablissement lorsqu’ils arrivent à la Onzième Étape. À la Onzième Étape, notre vie prend un sens plus profond. En renonçant à contròler, nous obtenons un pouvoir bien plus grand.

La nature de nos croyances déterminera notre façon de prier et de méditer. Il suffit de s’assurer que nous avons un ensemble de croyances qui fonctionne pour nous. Dans le rétablissement, ce sont les résultats qui comptent. Comme nous l’avons déjà noté, nos prières ont semblé donner des résultats aussitòt que nous avons commencé le programme de Narcotiques Anonymes et que nous avons capitulé devant notre maladie. Le contact conscient décrit à cette étape-ci résulte directement du travail des étapes. Nous nous servons de cette étape pour améliorer et maintenir notre condition spirituelle.

À nos débuts dans le programme, nous avons reçu l’aide d’une Puissance supérieure à nous- mêmes. Ce processus s’est déclenché quand nous nous sommes soumis au programme. Le but de la Onzième Étape est de devenir plus conscient de cette Puissance et d’améliorer notre capacité de nous en servir comme source de force dans notre nouvelle vie.

Plus nous améliorons notre contact conscient avec notre Dieu par la prière et la méditation, plus il nous est facile de dire : « Que Ta volonté soit faite, et non la mienne. » Nous pouvons demander l’aide de Dieu lorsque nous en avons besoin et notre vie s’améliore. Les expériences de méditation des autres et leur croyance religieuse individuelle ne s’appliquent pas toujours à nous. Notre programme est un programme spirituel et non pas religieux. Quand nous arrivons à la Onzième Étape, les défauts de caractère qui nous causaient des problèmes dans le passé ont déjà été abordés en travaillant les dix étapes précédentes. L’idée que nous nous faisons du genre de personne que nous voudrions être n’est qu’un aperçu passager de la volonté de Dieu pour nous. Notre façon de voir les choses est souvent si limitée que nous ne voyons que nos désirs et nos besoins immédiats. Il est facile de retomber dans nos anciennes habitudes. Nous devons apprendre à maintenir notre nouvelle vie sur une base spirituelle solide afin d’assurer notre croissance continue et notre rétablissement. Dieu ne nous imposera pas Sa bonté, mais nous La recevrons si nous La demandons. Ordinairement, nous ressentons une différence immédiate, mais nous ne voyons les changements dans notre vie que plus tard. Quand finalement nous réussissons à nous débarrasser de nos motifs égoïstes, nous commençons à découvrir une paix que nous n’aurions jamais cru possible. Si notre comportement moral nous est imposé, il n’a pas autant de force que si nous choisissons nous-mêmes de vivre selon des principes spirituels. La plupart d’entre nous prient quand ils souffrent. Nous apprenons que si nous prions régulièrement, nous ne souffrirons ni aussi souvent ni aussi intensément.

En dehors de Narcotiques Anonymes, différents groupes pratiquent la méditation. Presque tous ces groupes sont rattachés à une religion ou à une philosophie particulière. Endosser l’une ou l’autre de ces méthodes serait une violation de nos traditions et une atteinte aux droits de l’individu d’avoir un Dieu qui correspond à sa conception personnelle. La méditation nous permet de grandir spirituellement chacun à notre façon. Certaines choses qui n’ont pas marché pour nous dans le passé le pourraient aujourd’hui. Nous envisageons chaque journée avec un regard neuf et un esprit ouvert. Nous savons que si nous prions pour accomplir la volonté de Dieu, nous recevrons ce qu’il y a de meilleur pour nous, indépendamment de ce que nous pouvons penser. Cette certitude est fondée sur ce que nous croyons et sur notre expérience en tant que dépendants en rétablissement.

La prière est une façon de communiquer nos préoccupations à une Puissance supérieure à nous-mêmes. Parfois, en priant, une chose remarquable se produit: nous trouvons le moyen, la façon et l’énergie d’accomplir des tâches bien au-delà de nos capacités. Nous captons, par la prière et la soumission quotidiennes, la force illimitée qui est à notre disposition tant et aussi longtemps que nous gardons la foi et l’entretenons.

Pour certains, prier, c’est demander l’aide de Dieu, alors que méditer, c’est écouter Sa réponse. Nous apprenons à éviter de prier pour des choses précises. Nous prions Dieu pour qu’Il nous fasse connaître Sa volonté et qu’Il nous aide à l’accomplir. Dans certains cas, Sa volonté nous apparaît de façon si évidente qu’il nous est difficile de ne pas la voir. Dans d’autres cas, notre ego est si fort que nous ne pouvons accepter la volonté de Dieu sans une autre lutte et une autre capitulation. Si nous prions pour que Dieu nous enlève ce qui détourne notre attention, la qualité de nos prières s’améliore généralement et nous ressentons une différence. Prier demande de la pratique et nous devrions nous rappeler que les personnes compétentes ne sont pas nées avec leurs compétences. Il leur a fallu bien des efforts pour les développer. Par la prière, nous recherchons un contact conscient avec notre Dieu. Par la méditation, nous établissons ce contact et la Onzième Étape nous aide à le maintenir.

Il est possible que nous ayons connu plusieurs religions et disciplines méditatives avant de venir à Narcotiques Anonymes. Pour certains d’entre nous, de telles pratiques ont mené au désastre et à la confusion totale. Nous étions convaincus que c’était la volonté de Dieu que nous consommions des drogues pour atteindre un plus haut niveau de conscience. En conséquence de cette pratique, beaucoup d’entre nous se sont retrouvés dans de très étranges états. Nous ne soupçonnions jamais les effets nuisibles de notre dépendance comme étant la source de notre problème et nous poursuivions jusqu’au bout toute voie qui semblait nous offrir de l’espoir. Lors de certains moments paisibles de méditation, la volonté de Dieu peut nous apparaître de façon évidente. La méditation nous permet d’apaiser notre esprit et d’atteindre cette paix intérieure qui nous met en contact avec le Dieu qui se trouve en nous. La condition préalable à toute méditation, c’est d’apaiser l’esprit. Autrement, il est difficile, sinon impossible, d’en arriver à un contact conscient. La succession ininterrompue de pensées qui tient généralement notre esprit occupé doit cesser pour que nous puissions faire quelque progrès. Ainsi notre pratique préliminaire vise à apaiser notre esprit et à laisser les pensées qui y naissent mourir d’elles-mêmes. Au fur et à mesure que l’état de méditation de la Onzième Étape devient une réalité pour nous, nous laissons nos pensées derrière nous.

L’expérience démontre qu’une des premières conséquences de la méditation est un équilibre émotionnel. Certains d’entre nous sont arrivés au programme brisés et n’y sont temporairement restés que pour trouver Dieu ou le salut dans un culte religieux ou un autre. Il est facile pour nous de nous envoler sur un nuage de zèle religieux, délaissant ainsi N.A., et d’oublier que nous sommes des dépendants qui souffrent d’une maladie incurable.

Pour que la méditation soit valable, on dit qu’il faut des résultats apparents dans notre vie quotidienne ; or, c’est ce qui est implicite dans la Onzième Étape : « ...connaître Sa volonté à notre égard et obtenir la force de l’exécuter. » Pour ceux d’entre nous qui ne prient pas, la méditation est la seule façon de travailler cette étape.

Si nous prions, c’est que cela nous apporte la paix et nous redonne confiance et courage. La prière nous aide à vivre sans peur et sans méfiance. Quand nous mettons de còté nos motifs égoïstes et que nous prions pour être guidés, nous découvrons un sentiment de paix et de sérénité. Nous commençons à devenir plus conscients et à ressentir de l’empathie envers les autres, ce qui n’était pas possible avant de travailler cette étape.

Dans notre recherche d’un contact personnel avec Dieu, nous commençons à nous épanouir comme une fleur au soleil. Nous commençons à nous apercevoir que l’amour de Dieu était toujours là à attendre que nous l’acceptions. Nous faisons notre part et acceptons ce qui nous est donné gratuitement chaque jour. Nous nous apercevons qu’il devient de plus en plus aisé de nous fier à Dieu.

Au début, quand nous commençons ce programme, nous prions généralement pour obtenir un grand nombre de choses qui nous semblent être des désirs et des besoins importants. Plus nous progressons et découvrons une Puissance supérieure à nous-mêmes, plus nous commençons à nous apercevoir que, du moment que nos besoins spirituels sont satisfaits, nos problèmes quotidiens deviennent plus faciles à vivre. Par contre, si nous oublions où réside notre force principale, nous retombons très vite dans les mêmes façons de penser et d’agir qui nous avaient amenés au programme. Finalement, nous redéfinissons nos croyances et notre compréhension jusqu’à ce que nous constations que notre plus grand besoin est de connaître la volonté de Dieu à notre égard et d’obtenir la force de l’exécuter. Nous devenons capables de mettre de còté certaines de nos préférences personnelles, car nous apprenons que la volonté de Dieu à notre égard est précisément ce à quoi nous accordons le plus de valeur. Notre propre volonté en vient à correspondre exactement à la volonté de Dieu pour nous. Ce changement se produit d’une façon intuitive qu’il est difficile d’exprimer par des mots.

Nous apprenons à accepter les autres tels qu’ils sont sans les juger. Le besoin pressant de nous occuper des choses tout de suite n’est plus là. Nous ne pouvions pas comprendre l’acceptation au début, maintenant nous le pouvons. Quoi que la journée nous réserve, nous savons que Dieu nous donne tout ce qu’il nous faut pour notre bien-être spirituel. Nous pouvons admettre notre impuissance sans crainte car Dieu est assez puissant pour nous aider à demeurer abstinents et à profiter de notre progrès spirituel. Dieu nous aide à mettre de l’ordre dans notre vie.

Nous commençons à voir de plus en plus clairement la réalité. Grâce au contact continu avec notre Puissance supérieure, nous réussissons à trouver des réponses à nos questions et acquérons la capacité de faire des choses qui nous étaient jadis impossibles. Nous respectons les croyances des autres. Nous t’encourageons à chercher force et direction selon ta propre croyance. Cette étape nous remplit de gratitude car elle nous permet enfin d’obtenir ce qu’il y a de meilleur pour nous. Cette façon que nous avions de prier pour obtenir ce que nous désirions nous a parfois fait tomber dans un piège. Il pouvait nous arriver de prier pour quelque chose et ensuite d’avoir à prier pour que cette chose nous soit enlevée, parce que nous ne savions pas quoi en faire.

Ayant appris la puissance de la prière et la responsabilité qui s’y rattache, nous pouvons nous servir de la Onzième Étape pour nous guider dans notre programme quotidien. Nous commençons à prier seulement pour connaître la volonté de Dieu pour nous. De cette manière, nous ne recevons que ce que nous sommes capables d’assumer. Nous savons comment réagir à ce que nous recevons parce que Dieu nous aide à nous y préparer. Certains d’entre nous remercient Dieu de Sa grâce, simplement, avec leurs propres mots.

Nous devons sans cesse recommencer cette étape dans une attitude de soumission et d’humilité, pour recevoir de Dieu, tel que nous Le concevons, le don de la connaissance et de la force. La Dixième Étape sert à corriger les erreurs du présent pour que nous puissions travailler la Onzième Étape. Sans cette étape, il est peu probable que nous puissions connaître un réveil spirituel ou mettre en pratique des principes spirituels dans notre vie ou transmettre un message suffisamment adéquat pour en attirer d’autres au rétablissement. Il existe un principe spirituel selon lequel nous devons redonner ce que nous avons reçu de Narcotiques Anonymes, si nous voulons le conserver. En aidant les autres à rester abstinents, nous profitons de la richesse spirituelle que nous avons trouvée. Nous devons donner gratuitement et avec gratitude ce qui nous a été donné gratuitement et avec gratitude.

DOUZIÈME ÉTAPE

« Ayant connu un réveil spirituel comme résultat de ces étapes, nous avons essayé de transmettre ce message aux dépendants et d’appliquer ces principes à tous les domaines de notre vie. »

Nous sommes arrivés à Narcotiques Anonymes à la suite de nos échecs passés. Nous nous attendions à tout sauf à un réveil de l’esprit. Nous voulions simplement que la souffrance cesse. Les étapes amènent un réveil de nature spirituelle. Ce réveil se manifeste par des changements dans notre vie. Ces changements nous rendent plus aptes à vivre selon des principes spirituels et à transmettre notre message de rétablissement et d’espoir aux dépendants qui souffrent encore. Ce message, toutefois, n’a de signification que si nous le vivons. En le vivant, notre vie et nos actions lui donnent plus de sens que ce que nos paroles et nos textes n’auraient jamais pu lui donner.

L’idée d’un réveil spirituel prend des formes diverses selon les différentes personnalités que nous rencontrons au sein de la Fraternité. Néanmoins, le réveil spirituel présente chez chacun des aspects similaires. Parmi ces points communs se retrouvent la fin de la solitude et le sentiment de savoir où nous allons. Beaucoup d’entre nous pensent qu’un réveil spirituel n’a de sens qu’accompagné d’une plus grande paix de l’esprit et d’un plus grand souci des autres. Pour maintenir cette paix de l’esprit, nous nous efforçons de vivre ici et maintenant. Ceux d’entre nous qui ont travaillé ces étapes au mieux de leur capacité en ont retiré de grands bienfaits. Nous sommes convaincus que ceux-ci sont le résultat direct du fait que nous vivons ce programme.

Quand nous commençons à goûter le plaisir de la libération de notre dépendance, nous courons le risque de vouloir à nouveau contròler notre vie. Nous oublions les angoisses et les souffrances passées. Notre maladie contròlait tous les aspects de notre vie quand nous consommions. Elle est toujours prête à reprendre le dessus et n’attend que cela. Nous oublions rapidement que tous nos efforts passés pour contròler notre vie ont échoué.

À ce moment, la plupart d’entre nous comprennent que la seule façon de conserver ce qui leur a été donné est de partager ce don d’une vie nouvelle avec les dépendants qui souffrent encore. C’est là notre meilleure assurance pour ne pas retomber dans les tourments de la consommation. C’est ce que nous appelons transmettre le message et il y a différentes façons de le faire. Dans la Douzième Etape, nous pratiquons les principes spirituels qui consistent à transmettre le message de rétablissement afin de le conserver. Même un membre qui n’a qu’une journée d’abstinence dans la Fraternité N.A. peut transmettre le message que ce programme marche. Lorsque nous partageons avec un nouveau, nous pouvons demander à notre Puissance supérieure de nous utiliser comme instruments spirituels. Nous ne cherchons pas à passer pour des dieux. En partageant avec un nouveau, il nous arrive souvent de demander l’aide d’un autre dépendant en rétablissement. C’est pour nous un privilège de pouvoir répondre à un appel à l’aide. Nous qui avons connu le fin fond du désespoir, ressentons la chance que nous avons de pouvoir en aider d’autres à trouver le rétablissement.

Nous aidons les nouveaux à apprendre les principes de N.A. Nous nous efforçons de leur faire sentir qu’ils sont les bienvenus et les aidons à apprendre ce que le programme peut leur offrir. Nous partageons notre expérience, notre force et notre espoir et nous accompagnons les nouveaux à une réunion aussi souvent que possible.

Ce genre de service désintéressé correspond précisément aux principes de la Douzième Étape. Nous avons reçu notre rétablissement de Dieu, tel que nous Le concevons. Nous nous mettons maintenant à Sa disposition pour devenir Son instrument afin de partager le rétablissement avec ceux qui le recherchent. La plupart d’entre nous apprennent, avec le temps, qu’ils ne peuvent transmettre le message qu’à une personne qui demande de l’aide. Parfois, la force de l’exemple est tout ce qui est nécessaire pour que le dépendant qui souffre demande de l’aide. Un dépendant peut souffrir sans être prêt à demander de l’aide. Il s’agit pour nous d’être à la disposition de ces personnes pour que quelqu’un soit là, prêt à leur répondre, si elles demandent de l’aide. Apprendre à aider les autres est un des bienfaits du programme de Narcotiques Anonymes.

Travailler les Douze Étapes nous mène d’un état d’humiliation et de désespoir à celui où nous agissons comme l’instrument de notre Puissance supérieure et cela est remarquable. Il nous est donné la capacité d’aider un autre dépendant quand personne d’autre ne peut le faire. Tous les jours, nous voyons cela se produire parmi nous. Ce revirement miraculeux est la preuve du réveil spirituel. Nous partageons d’après notre expérience personnelle ce qui nous est arrivé. La tentation de donner des conseils est grande mais, en le faisant, nous perdons le respect des nouveaux. Cela ternit notre message. Un message de rétablissement de la dépendance, simple et honnête, sonne vrai.

Nous assistons aux réunions, nous nous rendons disponibles et nous nous mettons au service de la Fraternité. Avec gratitude, nous offrons gratuitement notre temps, nos services et partageons ce que nous avons trouvé ici. Servir, ainsi que nous l’entendons dans Narcotiques Anonymes, est le but primordial de nos groupes. Ce travail de service consiste à transmettre le message au dépendant qui souffre encore. Plus nous nous impliquerons avec ardeur dans le service, plus notre réveil spirituel sera riche.

Notre première façon de transmettre le message parle d’elle-même : les gens que nous rencontrons dans la rue se souviennent de nous comme des êtres solitaires, apeurés et fuyants ; ils remarquent que, maintenant, la peur s’est effacée de notre visage et que nous revenons petit à petit à la vie.

Maintenant que nous avons découvert le rétablissement à la manière N.A., s’ennuyer et se reposer sur ses lauriers ne font plus partie de notre nouvelle vie. En demeurant abstinents, nous commençons à pratiquer certains principes spirituels comme l’espoir, la capitulation, la soumission, l’acceptation, l’honnêteté, l’ouverture d’esprit, la bonne volonté, la foi, la tolérance, la patience, l’humilité, l’amour inconditionnel, le partage et l’entraide. À mesure que notre rétablissement progresse, ces principes spirituels touchent tous les domaines de notre vie parce que nous essayons simplement de vivre ce programme ici et maintenant.

Nous ressentons de la joie quand nous commençons à vivre selon les principes du rétablissement. C’est la joie de voir quelqu’un qui est abstinent depuis deux jours dire à quelqu’un d’autre qui, lui, est abstinent depuis une seule journée : « Un dépendant seul est en mauvaise compagnie ». C’est la joie de voir celui qui, après avoir durement lutté, s’aperçoit soudain, en essayant d’aider un autre dépendant à demeurer abstinent, que les mots lui viennent pour transmettre le message de rétablissement.

Nous sentons que notre vie vaut la peine d’être vécue. Grâce à ce renouveau spirituel, nous sommes heureux d’être en vie. Lorsque nous consommions, notre vie n’était qu’un exercice de survie. Maintenant, nous laissons beaucoup plus de place à la vie qu’à la survie. En comprenant bien que l’essentiel est de rester abstinents, nous pouvons profiter de la vie. Nous aimons être abstinents et c’est un plaisir de transmettre le message de rétablissement au dépendant qui souffre encore. Assister aux réunions marche vraiment.

La pratique des principes spirituels dans notre vie quotidienne nous conduit à une nouvelle image de nous-mêmes. L’honnêteté, l’humilité et l’ouverture d’esprit nous aident à traiter les autres équitablement. Nos décisions deviennent empreintes de tolérance. Nous apprenons à nous respecter nous-mêmes.

Les leçons apprises au cours de notre rétablissement sont parfois amères et douloureuses. Cependant, à mesure que nous sommes capables de partager ces leçons avec des membres de Narcotiques Anonymes, nous les aidons et, par le fait même, nous acquérons du respect envers nous-mêmes. Nous ne pouvons empêcher les autres dépendants de souffrir, mais nous pouvons leur transmettre le message d’espoir que d’autres dépendants en rétablissement nous ont transmis. Nous partageons les principes de rétablissement tels qu’ils ont fonctionné dans notre vie. Dieu nous aide dans la mesure où nous nous aidons les uns les autres. La vie prend un nouveau sens et nous connaissons une nouvelle joie, une façon d’être et de penser qui en vaut la peine. Nous nous renouvelons spirituellement et sommes heureux d’être en vie. Notre réveil spirituel provient en partie d’une nouvelle compréhension de notre Puissance supérieure, élaborée à partir du partage avec d’autres dépendants en rétablissement.

Oui, nous sommes une vision d’espoir. Nous sommes la preuve concrète que le programme N.A. donne des résultats. La joie que nous ressentons à vivre abstinents constitue un attrait pour le dépendant qui souffre encore.

Nous nous rétablissons pour vivre abstinents et heureux. Bienvenue à N.A. Les étapes ne se terminent pas ici. Elles sont un nouveau départ.

Source

Ce texte est tiré de ce document PDF expliquant Narcotiques Anonymes.